du 27 au 31 mars

Publié le par Pierre


Dimanche 27 mars 2005

Péninsule de Valdès

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Lever tôt. Le minibus avec lequel je vais faire la visite de la péninsule de VALDES passe me prendre devant l’hôtel à 07 h 30. Nous sommes un petit groupe: Le chauffeur, la guide argentine très intéressante et très rieuse, deux américaines, un couple d’espagnols, un couple de danois et moi. Cette péninsule est une zone protégée du patrimoine mondial. C’est une presqu’île avec un isthme de 5 km de large mais elle fait une surface d’à peu près la surface du Finistère. Il y a un village de 200 à 300 habitants : PUERTO PYRAMIDES, quelques estancias (des fermes) et trois ou quatre bar- restaurants à dans des zones à point de vues intéressant. Nous n’avons pas fait le tour entier et pourtant nous avons roulé sur les pistes pendant près de 300 kms.

L’intérêt principal de cette péninsule c’est qu’elle est le lieu de reproduction de plusieurs espèces marines : les baleines (absentes en mars), les lions de mer que l’on voit très bien se dorer au soleil, plonger chercher de la nourriture en mer et élever les petits sur la plage. Les orques (nous en avons bien vu 2 ou 3) rodent devant les plages essayant de croquer quelques lions de mer qui s’éloigneraient un peu trop de la plage. Sur les plages plus loin, il y a des colonies de manchots magellans, ils étaient là quelques milliers, mais à certaines saisons on peut semble-t-il y compter près d’un million. Enfin, sur une plage voisine, c’était un troupeau d’éléphants de mer qui se reposaient devant la mer. Les pauvres mâles qui sont polygames (ils ont environ 120 femelles pour un mâle) arrivent en septembre en pleine forme, ils pèsent environ 3 tonnes. Après la saison des amours, ils sont épuisés et ont perdu 40% de leur poids. Ils sont tellement affaiblis qu’ils deviennent des proies faciles pour les orques quand ils retournent en mer.

En soirée, je retrouve mon hôtel, style « auberge de jeunesse – tour de Babel ». Là je regrette vivement de ne pas connaître de langues étrangères. Mon anglais ne permet pas d’échanger avec les uns et les autres, la conversation reste donc superficielle. J’ai essayé de parler un peu plus avec une jeune espagnole, infirmière qui était me semble-t-il très intéressante, mais c’est vraiment difficile. Je paie aujourd’hui ma paresse d’antan : de ne pas avoir appris suffisamment bien l’anglais.


Lundi 28 mars 2005

En route vers Rio Gallegos

Le départ du bus est prévu à 14 h 00 pour RIO GALLEGOS. Le matin, je m’offre un petit coup de stress pendant ½ heure. N’ayant plus de pesos, je vais retirer de l’argent au distributeur dans une banque. Rien ne se passe. Je m’adresse à la banque qui s’occupe de mon cas, pas très vite, et qui me dit que ma carte ne fonctionne pas et que je dois appeler ma banque en France. Me voilà bien ! Je vais dans une autre banque, je fais une assez longue queue devant le distributeur et… merveille, cela fonctionne. Me voilà sauver pour un coup…

Je vais lire mon courrier et j’y trouve une bonne nouvelle. Le consulat français de VALPARAISO me confirme qu’il y a bien deux colis de livres, expédiés de Roscoff vers le 15 février. Mes loisirs sur le bateau en mai sont assurés.

Vers 13 h 00, je rejoins la gare de bus et j’apprends que le bus a 2 heures de retard. Avec le sac sur le dos, difficile d’aller loin. J’ai donc 3 heures à attendre en gare, cela me permet d’observer les voyageurs. Je suis étonné du nombre très important d’indiens à la gare, en ville. J’ai appris en soirée que l’industrie de l’aluminium avait fait venir une très importante population d’immigrés boliviens. Même si l’Argentine n’est pas très riche, c’est un eldorado pour des boliviens encore plus miséreux.

16 h 00 : le bus s’en va. Nous serons à RIO GALLEGOS à 1.100 km demain matin à 10 h 00. Le bus est économique (environ 15 €/1000km) et de plus j'y économise une nuit d’hôtel. Sur les longs parcours, une hôtesse vous sert une boisson dans l’après-midi, un repas le soir et le petit déj. (style avion : pas terrible) mais pour ce prix, c’est pas mal. La route c’est simple : sauf quelques exceptions, c’est toujours le même paysage, des lignes droites sans fin, une végétation rose et un horizon aussi régulier que sur la mer. J’adore ces longs voyages dans cet univers sans fin. J’y trouve une magie très comparable à la traversée de l’Atlantique en bateau. Au fil des heures, je ne suis plus spectateur du paysage, je suis dans le paysage.

Les couleurs du crépuscule très long à cette latitude étaient ce soir éclatantes, flamboyantes.

Vers 23 h 00, lors d’un arrêt, je rencontre un couple de jeunes rennais dans le bus. Le courant passe bien, ils seront des compagnons de voyage pour une journée. A VALDES, j’avais croisé un couple de français. Après un échange de quelques mots, j’ai vite fait de les fuir. Il ne suffit pas de parler le français…


Mardi 29 mars 2005

Rio Gallegos

Du bus au terminal à 08 h 00 le matin. Grosse surprise climatique : la température est de 12°C. nous avons perdu 10°C dans la nuit. Le vent est assez fort. Nous voilà en novembre à Roscoff.

Arnaud et Nadia, les Rennais ne font qu’un transit d’un jour ici, ils descendent jusqu’à USHUAIA. Ils sont en Amérique du Sud pour 6 mois environ. Ils se débrouillent en espagnol. Nous prenons un « collectivo » (autobus de ville) pour rejoindre le centre et prendre quelques renseignements à l’Office du Tourisme. Nous déjeunons vers 10 h 00 avant de nous séparer. Nos deux tourtereaux avaient l’adresse du père du copain de la copine… Ils allaient essayer de le contacter sans savoir si cela était possible. Nous nous donnons un rendez-vous pour la fin de soirée 19 h 00 au cas où ils seraient comme moi à l’hôtel.

J’entame ma recherche d’hôtel, sac au dos. Les deux premiers sont pleins. C’est toujours le moment difficile. Bien sûr, je vois les beaux hôtels du centre que j’évite car je suis soucieux de ménager mon budget. Vers 11 h 00, je trouve l’hôtel à prix raisonnable. Là c’est le grand plaisir de poser et vider son sac. C’est l’heure de la détente. Je m’allonge un peu sur le lit. Il y a une télé, machinalement je fais un zapping sur la quarantaine de chaînes, juste pour voir. C’est aussi l’heure de la douche après une nuit de bus. Puis viens la lessive des chemises, linge de corps, faite dans la douche. Cela sèche sur les radiateurs qui sont brûlants dans la chambre.

Vers midi, les mains dans les poches, je sors à la découverte de la ville en pleine forme. Ici, tout se joue sur deux rues, la découverte est rapide. Je descends à 1 km voir la partie maritime, sur un petit estuaire. Ce port était le port argentin de la guerre des Malouines, plusieurs monuments sont érigés en souvenir des victimes de ce conflit.

Retour en ville, c’est l’heure des nouvelles. Pour internet, c’est très facile. Il y a des kiosques tous les 100 mètres et l'usage du web coûte peu : 1,50 pesos/2 F de l’heure- le courrier est parfois vite lu. Je réponds maintenant au fur et à mesure : ce n’est pas difficile… je regarde les gros titres de la presse du Monde et du Télégramme…

Aujourd’hui, je m’offre une sieste sérieuse car la nuit de bus n’est pas aussi reposante qu’une nuit dans un vrai lit. Avant de me rendre à 19 h 00 à mon RV, je téléphone quelques minutes à Joss vers 18 h 30 / 22 h 30, c’est un moment chaleureux de la journée.

Je retrouve Arnaud et Nadia à 18 h 00. ils sont aussi à l’hôtel, le contact qu’ils avaient en ville ne s’est pas fait. Ils envoient leurs photos et mettent à jour un blog de voyage. Je les vois faire en riant un peu car ils galèrent aussi pour cela. Vers 20 h 00, recherche de restaurant. C’est difficile pour eux car ils ont un budget assez serré et en même temps ils adorent bien manger. Ils découvrent leur bonheur : un resto clean où pour 5€ tu manges tout ce qui est présenté à la quantité que tu veux avec une grande variété de choix d’entrées, plats principaux et desserts. Pour la viande, il y a un grill de deux mètres carrés et tu demandes au cuisinier le ou les morceaux que tu veux. Même moi j’y ai trouvé mon compte, c’est dire…

Nous bavardons longtemps, nous sortons du resto vers 23 h 00. j’avais l’impression d’être avec Tiphaine ou Anne-Gaëlle. J’ai même parlé à Arnaud d’Anne-Gaëlle car il s’intéresse au « gallo » et travaille à Redon. Mais il ne la connaissait pas.


Mercredi 30 mars 2005

Rio Gallegos

Je suis descendu jusqu'à Rio Gallegos, à environ de 3000 Kms au sud de Buenos Aires. J'adore les longs voyages de 24 heures en bus dans un paysage à la fois monotone et magique comme sur l'océan. Le climat s'est bien transformé mais s il fait beaucoup plus frais, cela reste agréable car il fait beau. Rio Gallegos n'offre aucun intérêt en soi, sinon que dans le cadre historique, c'était la ville de départ de la marine argentine pour la guerre des Malouines en 1982 ( Malvinas ou Falklands).

J'aime déambuler dans toutes ces villes et observer tous ces gens qui changent au fur et mesure de la route. En voyageant en bus, c'est l'occasion d’être avec les gens du pays. Hormis quelques routards, il n y a pas de touristes. Ils sont trop pressés. Par contre c’est très peu cher et les argentins qui ne peuvent se payer l’avion circulent ainsi...

Voila, je vais penser à remonter vers le nord, à San Carlos de Bariloche au bord des Andes, il y a 26 heures de bus, ce sera demain sans doute. Après je rentrerai au Chili vers l'île de Chiloé.


Jeudi 31 mars 2005

Rio de Gallegos - suite

Je passe à la poste. Il me faut attendre mon tour une bonne demi-heure pour faire affranchir une lettre. Les habitants sont apparemment habitués à faire de longues queues devant la poste, la banque ou même un distributeur de billets ;

Par contre devant les « locutario » (boutique téléphone et internet), c’est plus rapide, mais il faut voir qu’en centre ville, il y en a partout.

Je suis retourné au terminal de bus à trois kilomètres à l’extérieur de la ville. Là les choses ont été faciles, la jeune fille du guichet parlait anglais. C’est la première que je rencontre un interlocuteur dans un bureau connaissant l’anglais. Pour moi cela me fait l’effet de parler ma langue maternelle. C’est bien plus facile car j’ai compris le jeu un peu compliqué. Pour le même trajet, dans le même bus, à la même place, elle m’a fait deux billets, payer par deux fois avec la carte de crédit. Allez comprendre… comme le trajet dure 26 heures, j’ai compris que le bus s’arrêtera une heure en soirée pour le temps d’un repas.

De retour à l’hôtel, je fais un brin de lecture, j’ai conservé un livre en français un peu difficile à lire, il durera plus longtemps. La lecture se transforme naturellement en sieste. Vers 16 h 00, je vais faire un tour sur le port où vraiment il ne se passe rien. A croire que les habitants de RIO GALLEGO sont sans savoir qu’ils ont une ville portuaire. De retour en ville, je vais consulter mon courrier. Il n’y a pas grand chose. Je me demande s’il n’y a pas eu un tsunami sur les côtes finistériennes.

De retour dans ma chambrette de l’hôtel, plutôt minable, je traîne un peu en lecture, zapping télé (américanisée à 100%), somnolence, rêverie. J’ai calculé qu’il faut que j’aille manger ce soir (pas avant 09 h 00 ici) car demain jusqu’à vendredi matin, je serai dans le bus.

Je retourne dans le même resto qu’hier. C’est assez étonnant, c’est un self service, on paie un forfait (5€) et l’on se sert à l’envie. Le cuisinier devant son grill pousse à la consommation tellement il est fier de la qualité de sa viande. Le restaurant est très fréquenté, mais les clients dans l’ensemble ne sont pas maigrichons. Evidemment.

De retour à la niche de l’hôtel vers 22 h 00 j’écris ces quelques notes, demain réveil aux aurores, car je ne tiens pas à rater le bus et je vais me faire les trois kilomètres avec le sac à dos.

Publié dans tysaozon

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